EDITO 2026
Bouger sa pensée. Quand les corps prennent la parole
Cette année, la programmation du festival propose de se mettre en mouvement et vous invite à envisager la corporalité comme un outil essentiel de réflexion, de connexion et de résistance.
Prendre la parole avec son corps, en représentation, c’est déplacer le lieu même de la vérité. Là où les mots peuvent se dérober, se travestir, le corps, lui, engage. Un corps ne ment pas : il se montre. Il porte ses traces, ses tensions, sa mémoire. Sur scène, il ne se contente pas d’illustrer un propos, il le fabrique en temps réel, dans l’épaisseur du geste, dans la respiration, dans l’effort. Sa présence, immobile ou mouvante, est alors une parole incarnée, située, qui se risque au regard des autres et qui fait de cette vulnérabilité une force politique.
Toutes les œuvres programmées vous proposent une plongée dans des univers où les corps et leurs mouvements racontent autrement. Plus qu’un simple relais de la parole, le mouvement, aussi infime soit-il, offre un point de vue à part entière.
Dans cette programmation, chaque artiste vous ouvre les portes de son univers singulier, de son intimité, de ses histoires et de ses combats, mettant son corps au service de sa pensée.
Qu’il s’agisse de Chloé Martin qui racontera, dans son spectacle Comment ça se danse ?, son addiction pour les bals trads révélant leur valeur politique et mettant en lumière ces rendez-vous si particuliers dans nos campagnes (samedi 6 juin 18h). Ou encore Doué·e·s, notre dernière création, qui vous invite à vous questionner sur l’intelligence via une fiction chorégraphique où se mêlent poésie, danse, sciences cognitives et pop culture (samedi 6 juin 21h30). Mais aussi avec Ussé Inné, le collectif de danseureuses bordelais·e·s qui transformera les rues de Montlieu en un espace utopique où la danse devient libre, intense et collective (dimanche 7 juin 17h). La réalisatrice de films d’animation Lola Degove qui dévoilera dans son exposition comment, à partir de ses écrits et enregistrements sonores, elle donne vie à ses dessins, brouillant les limites entre réel et imaginaire (tout au long du week-end).
Et bien sûr Laurène Marx, qui mettra sa poésie brute en musique avec son concert Le soleil se lève aussi pour les cassos (samedi 6 juin 23h), accompagnée de ses acolytes Rok & Dudu. Dans chacun de ses spectacles, les performances physiques sont des chocs visuels. Les corps semblent vibrer en harmonie parfaite avec les textes sublimes que Laurène signe. Ils sont comme traversés, transcendés par la beauté de ses mots et la cruauté qu’ils dénoncent. Il faut voir Laurène Marx sur scène au moins une fois dans sa vie pour comprendre - comprendre - ce que veut dire un corps pensant, vivant, vibrant et politique.
Nous avons, plus que jamais, hâte de vous retrouver les 6 et 7 juin à Montlieu-la-Garde pour passer ensemble un week-end tout en mouvement !
Sarah Coulaud, Louise Fafa et Gabrielle Chalmont-Cavache, Programmateur·ice·s